「 Sunrise / Sunset ~LOVE is ALL~ 」 - Ayumifan

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13 juillet 2008

Interview "ROCKIN' ON JAPAN" (Partie 3/14)

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    (A) Oui. Une femme qui vivait près de mon appartement passait me prendre. Elle avait aussi une fille du même âge que moi, et j'vais l'habitude de rentrer chez moi avec la fille. Parce que sinon, je devais rester à l'école jusqu'à être la dernière.
 (S) J'en viens à trouver ça absurde de vous demander ça, "Vous sentiez-vous seule?"
 (A) Hahahahaha.
 (S) Vous vous sentiez seule, n'est-ce pas?
 (A) Eh bien, oui.
 (S) Comment surmontiez-vous la solitude?
 (A) Humm ... Comment je faisais? En détestant? Les gens?
 (S) En détestant tout?
 (A) Bien ... oui.
 (S) En trouvant la raison de votre antipathie?
 (A) Eh bien ... J'ai rendu quelqu'un responsable. Par exemple, je pensais que j'étais seule parce que maman était ce genre de femme à l'époque, et j'ai rendu maman responsable de tout. Peut-être que la vie de maman n'était pas facile aussi, mais je ne comprenais pas ça.
 (S) En avez-vous parlé à quelqu'un?
 (A) Non.
 (S) Avez-vous gardé de tels sentiments en vous?
 (A) Oui. Je n'en ai jamais parlé à personne.
 (S) Les avez-vous couché sur papier par exemple?
 (A) Ah, j'écrivais très souvent. Je pense que c'était un genre de journal.
 (S) Est-ce que ça vous fait mal, ou es-ce que ça vous déprime quand vous le relisez aujourd'hui?
 (A) Ah, non pas aujourd'hui. N'est-il pas fréquent que les journaux se perdent? Ma famille a déménagé assez souvent, incroyablement souvent. Et peut-être à cause de ça, on n'a pas d'objets souvenirs. Ca me rappelle qu'on n'a même pas d'albums photo.
 (S) Photo?
 (A) Vous n'en voyez pas souvent? Les albums remplis des photos de son enfance. On n'en a pas.
 (S) Les mots résonnent profondément en moi d'une certaine manière.
 (A) Vraiment? Eh bien, on n'avait pas beaucoup d'occasions dans lesquelles on pouvait prendre des photos. Et comparé à d'autres familles qui pouvaient faire des albums photo...
 (S) Donc vous passiez vos journées principalement à parler avec vous-même, n'est-ce pas?
 (A) Peut-être. Mais je pense que je n'étais pas si pessimiste que ça.
 (S) Je suppose que vous évoluiez plus rapidement que les autres enfants et vous trouviez ça un peu intéressant. N'est-ce pas?
 (A) Je suppose.
 (S) Comment c'était? Je pense que vous étiez sensible à tout de bonne heure. Et j'ai l'impression que vous étiez exceptionnellement en contraste avec les autres enfants de la même génération que vous dans le respect.
 (A) Oui. Donc quand j'étais en CM2, je pensais toujours que je parlais à contre-sens avec les enfants du même âge. Ce n'était pas que je les regardais de haut mais je me demandais souvent pourquoi un enfant s'intéressait toujours à des broutilles, pourquoi un enfant ne comprenait pas encore. Mais les enfants autour disaient "moi aussi je pense pareil. Moi aussi", et je pensais "Ah, je ne peux pas traîner avec eux."
 (S) et vous avez à nouveau fermé votre porte?
 (A) Oui. (Rires)
 (S) Pour revenir sur ce que vous avez dit, quel était le travail de votre mère?
 (A) En fait je ne sais pas. On me disait, "Hein?" Par exemple, le mère d'une de mes amies m'a demandé. "N'est-il pas temps pour Ayu-chan de retourner chez elle?" je répondis, "Je n'ai pas à le faire, parce que ma mère n'est pas encore revenue du travail." "Que fait ta mère?" "Je ne sais pas." --- Ca lui semblait surprenant que je ne sache pas le travail de ma mère.
 (S) C'est surprenant pour moi. (Laugh)
 (A) Hahahahaha. Parce que je n'ai jamais demandé à ma mère des choses telles que "C'est quoi ton boulot?"
 (S) Donc vous étiez une enfant laissée à elle-même et seule à l'époque de l'école primaire aussi?
 (A) Oui. Même après l'école, les enfants dont les parents n'étaient pas encore rentrés devaient rester à l'école. Etait-ce la même chose à votre école?
 (S) Il n'y avait pas de règle comme celle-là à mon école.
 (A) Hein ! Vraiment? C'était quoi le nom déjà? ... "La classe des familles absentes"! Au sens littéral ! Hahahaha. C'est une appellation plutôt impolie, non? (rires)
 (S) Discrimination. (rires)
 (A) C'est ça. J'appartenais à la "classe des familles absentes." Oui, je me souviens ! J'enviais beaucoup les enfants retournant à la maison tout de suite après l'école.
 (S) Que faisaient en fait ces enfants de "la classe des familles absentes"? Etait-ce un truc genre club d'activités?
 (A) Il y avait une maison genre cabane derrière l'école. Tous ces enfants étaient réunis en une seule classe, toutes classes confondues. Ensuite, on ne faisait rien de spécial. On ne faisait que regarder la TV ou lire des livres. La "classe des familles absentes" était, comment dire? --- si froide que vous ne voudriez pas croire que c'était dans une école primaire. (rires) On regardait par les fenêtres les enfants rentrer chez eux, en pensant "si seulement je pouvais..." Ce n'était pas de l'envie en effet, mais une émotion de loin plus forte. De la jalousie, je pourrais dire ça, en fait.
 (S) En prenant du recul sur ces jours aujourd'hui, ne pensez-vous pas qu'ils étaient plutôt vides?
 (A) Oui. Complètement vides.
 (S) Aaah ...
 (A) Hahahahaha.
 (S) Quel était votre soutien moral alors?

Traduction anglais-français : Linoa62
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Posté par Gkone à 06:00 - 4.3 Interviews / Reportages - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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