06 janvier 2009
TIME asia.com : Interview with Ayu (2002)

'J'ai une idée très claire de ce que je veux'
Dans un entretien exclusif avec TIME, Ayumi Hamasaki parle de sa musique, de ses fans et de la façon dont la célébrité a changé sa vie. Ayumi Hamasaki, Ayu pour ses fans, est la personnalité la plus puissante de la musique pop japonaise. Elle vend plus de disques que n'importe quel autre artiste depuis 2 années consécutives dans le plus grand marché musical en dehors des Etats-Unis. Ses changements de look fréquents influencent le cours de la mode. Ses immenses yeux noirs perçants sont présents sur des panneaux aux 4 coins du pays. Les fans apprennent par coeur ses paroles, se transforment en clones d'Ayu et jurent qu'elle a changé leur vie. A 23 ans, elle règne sur la culture des jeunes Japonais et donc influence celle de toute l'Asie.
Bien qu'Hamasaki donne rarement des entretiens en profondeur, Lisa Takeuchi Cullen de TIME s'est assise avec elle fin février pour parler de son éducation, de ses influences musicales, et de ce qu'elle pense de ses fans en Asie.
TIME : Qui est-ce?
Hamasaki : Marron. C'est un teckel à poils durs. Il n'a encore que 8 mois -un chiot- mais vous ne trouvez pas qu'il ressemble à un vieil homme?
Oui, à cause de ses moustaches. Bref, merci de faire cet entretien. Ce qui nous a intrigués c'est que malgré votre popularité dans la région, la Ayumi Hamasaki que les gens connaissent repose sur une image. Ce que nous aimerions c'est faire connaître à nos lecteurs la vraie Ayumi Hamasaki. Yoroshiku.
Yoroshiku.
En écoutant votre dernier album, je me suis dit qu'il avait une vue avisée du monde. Votre manager m'a raconté que l'attentat terroriste à New York avait eu un impact sur vous. Que vous êtes-vous dit quand vous l'avez vu à la TV?
Je me suis dit que ce devait être un film. Je ne pouvais pas croire que c'était vrai. J'ai été à New York plusieurs fois, et je ne pouvais pas accepter que c'était vraiment la réalité.
Est-ce que ça a influencé votre musique?
Oui. Ca a inspiré une de mes chansons sur l'album [A Song Is Born].
Et l'image sur la couverture de l'album. La colombe blanche — un symbole de paix.
J'avais une idée complètement différente pour la couverture au départ. On avait déjà réservé l'endroit, décidé de la coiffure, du maquillage etc. Mais après l'attentat, comme à mon habitude, j'ai tout d'un coup changé d'avis. Je savais que ce n'était pas le moment de faire du tape à l'oeil, de faire des poses et des costumes travaillés. Ca peut sembler étrange venant de ma part, mais je me suis rendue compte que mes paroles et mon apparence avaient un impact important.
On m'a dit que ça a aussi influencé votre décision de vous rendre en Asie.
Je ne m'y suis jamais rendue.
Jamais?
Oui, bien que j'aie été aux Etats-Unis plusieurs fois.
Qu'avez-vous ressenti devant vos fans au MTV awards show [à Singapour]?
J'avais entendu dire que beaucoup d'asiatiques m'appréciaient, mais je n'avais pas idée à quel point. J'étais stupéfaite. Ils étaient... passionnés, surtout comparé au Japon. Je n'aurais jamais pu imaginer ce genre d'accueil. Ca m'a fait réaliser à quel point les gens en Asie me soutiennent, et que je devais revenir.
Vous avez fait vos débuts de compositrice avec cet album. Qu'est-ce qui vous a poussée à le faire?
C'est la manière dont je travaille, comme à mon habitude, je fais tout à la dernière minute. Même si on m'a donné 2 mois, je vais le faire pendant les 3 derniers jours. C'est mieux bien sûr de demander à un professionnel de le faire.
Parce que c'est plus rapide?
Non, en fait. C'est dur de décider comment accorder les mots avec la musique. Ce n'est pas comme si ça faisait 2 fois plus de travail. C'est toujours difficile pour moi d'expliquer au compositeur ce que je recherche. Je ne suis pas une professionnelle, il me manque même les connaissances de bases sur la composition. Mais j'ai découvert que si je le faisais moi-même, c'était plus rapide et plus proche de ce que j'avais en tête. Quand je commence au début, je peux faire exactement ce que je veux.
Comparé à A Song for XX, votre premier album, on dirait que c'est une personne différente qui a écrit les paroles de votre dernier opus. Vos précédentes chansons se concentraient sur la solitude, et elles semblaient plus autobiographiques. I Am..., cependant, prend une direction plus large, évoquant des sujets comme la foi et la paix.
Au départ, je me cherchais moi-même dans ma musique. Ma musique était pour moi. Je n'avais pas le mental nécessaire pour avoir conscience de l'auditeur, j'écrivais pour me sauver. Je ne comprenais pas ce que c'était que d'écrire des chansons. Mais avec le temps j'ai commencé à voir beaucoup de choses, mon influence, les responsabilités que ça me donnait.
Est-ce que ça vous pèse? Par exemple, quand je parle à des enfants au Japon, il me semble qu'ils n'ont pas de rêves, de buts. Mais quand je leur demande qui ils admirent, c'est vous.
Il y a eu des moments où ça m'a pesé. Comme si j'étais poursuivie. Je me poussais... même quand c'était impossible, je ne pouvais pas le dire. Je sais que tout le monde à [la maison de disques] avex travaille dur pour moi, se repose sur moi. Aujourd'hui, ça ne me gêne plus. Je l'accepte. Je peux me reposer sur les autres aussi. J'ai le sentiment que c'est normal de montrer cette partie de moi, et ça a rendu les choses plus facile.
Parlons de votre passé. Vous avez été élevée par une mère célibataire, ce qui était rare à l'époque. Aviez-vous l'impression d'être différente à cause de ça?
Je me disais que la vie de Mommy était étrange, pas la mienne.
Vous l'appelez Mommy? Ca fait tellement américain.
Oui, elle m'a dit de le faire.
Elle vit à Tokyo aujourd'hui?
Oui. Nous restons très proches.
Et votre père?
Je n'en ai aucune idée. Je ne sais même pas s'il est encore en vie. Il est parti alors que j'étais si jeune, je me souviens à peine de lui.
Votre chanson teddy bear parle de votre solitude à cette époque.
Je n'ai pas compris ma solitude avant d'arriver à Tokyo. J'ai déménagé à 14 ans. Je suis venue seule, sans Mommy. Elle est venue plus tard.
Peu de temps après vous avez quitté votre agence de talents, puis rencontré [le producteur Masato "Max"] Matsuura au karaoké.
Mon ami de [la boîte de nuit] Velfarre le connaissait, et l'a amené au karaoké. Quand il m'a demandé si je voulais faire carrière dans la chanson, j'ai répondu "pas question".
Pourquoi?
Il était plus vieux, et je me suis dit que toute cette histoire semblait louche. Comme s'ils allaient me faire faire autre chose. Je n'avais jamais entendu parler d'avex, je ne comprenais pas vraiment ce que c'était. Je me suis dit que c'était peut-être un club. Ils ne faisaient pas de publicités tout le temps à l'époque contrairement à aujourd'hui. Finalement Matsuura et moi en sommes venus à discuter au téléphone. Je l'ai vu cette année-là 3 fois environ.
Ensuite il vous a envoyée suivre des cours de chant.
Je n'avais rien de mieux à faire. Cette année-là il n'a pas arrêté de me demander, "vous ne voulez toujours pas le faire?" J'ai fini par dire oui. Je ne faisais rien à l'époque, j'allais en boîte et au 109 [tour renfermant des magasins pour les ados à Shibuya]. Alors il m'a dit de prendre des leçons, et j'ai détesté. C'était nul. Je déteste faire des choses en groupe. Donc je n'ai pas été. Mais j'ai dit à la maison de disques que j'y allais. J'étais quoi, une adolescente. J'ai arrêté l'école en 2nde, mais les leçons me donnaient l'impression que j'y étais retournée. S'il y a des règles, je ne peux pas m'en empêcher, je veux les enfreindre. Je ne répondais même pas au téléphone parce que je savais qu'il me poserait des questions sur les leçons. Je ne savais pas quoi faire.
Donc en gros vous êtes devenue une star malgré vous.
J'avais l'impression de perdre ma liberté. A la simple pensée qu'on me dise à quel heure je devais me lever, manger... Mais ensuite Matsuura m'a dit d'aller à New York. Je me suis dit qu'il devait plaisanter. Je veux dire, j'avais 17 ans. Je me suis dit que ce serait pareil, que je détesterais. Mais ce fut vraiment génial. New York fut un soulagement —pas complètement hierarchisée et à cheval sur les règles. Je logeais dans un hôtel du centre-ville de Manhattan, et je me rendais aux leçons à pied quelques pâtés de maison plus loin.
Ensuite vous êtes revenue au Japon et avez commencé à écrire des chansons?
Pas parce que j'avais l'intention de le faire. L'idée de les écrire ne m'est pas venue toute seule. J'avais du mal à exprimer mes pensées... Je n'arrive pas très bien à communiquer de cette manière. Donc j'écrivais des lettres à Matsuura. Il les a lues et a dit, "Pourquoi vous n'essaieriez pas d'écrire des chansons?" Personne ne m'avait jamais rien demandé auparavant, n'avait jamais rien attendu de moi. Une partie de moi était flattée ; une autre était terrifiée mais ne voulait pas admettre que je ne pouvais pas le faire. Plein de gens m'ont tapoté doucement la tête et dit "n'est-elle pas adorable". Il y en a tellement qui ne font que me complimenter. Senmu ['le manager' Matsuura] se met en colère, mais quand il me félicite, je sais que j'ai réussi. C'est lui qui m'a découverte et m'a sortie du trou.
Quand vos chansons sont devenues des succès et que votre visage a commencé à apparaître partout, comment votre vie a-t-elle changé?
Elle a énormément changé. Je ne pouvais plus sortir, bien que même maintenant j'oublie quelquefois et je dis "Eh, je vais juste à l'épicerie". Mon équipe me regarde et me dit, "mais vous ne pouvez pas". Et je suis genre "pourquoi non?... Ah oui c'est vrai." Je ne peux pas beaucoup aller au 109, par exemple, bien que j'aime toujours y aller. Je dois envoyer mes stylistes maintenant.
Votre image demeure encore beaucoup votre propre création, non? Ce qui m'a frappée en vous regardant à votre séance photo hier soir [pour les couvertures du futur album], c'était à quel point vous contrôliez tout.
J'ai une idée très claire de ce que je veux. Comme l'un de mes costumes hier soir, j'ai fait faire le haut à partir d'un pantalon que j'ai trouvé dans une boutique. Il est français, je crois. J'avais cette idée de faire une image de "Fausse Japonaise" —vous savez, comment un étranger perçoit le Japon.
Vous êtes connue pour vos spectaculaires changements de looks comme celui-là. Je pense que cela aide à entretenir l'idée que vous êtes plus un produit qu'une personne. Qu'est-ce que ressent Ayumi Hamasaki la personne envers Ayumi Hamasaki le produit?
Nous sommes semblables, à certains égards. C'est ma propre image. Il est indispensable que l'on me voie comme un produit. Je suis un produit. La personne "Salut, moi c'est Ayu" à la TV, je sais que c'est ce qu'ils veulent voir. Je comprends que ce soit mon rôle de réaliser le rêve des gens. Ca ne me dérange pas tant que mes chansons restent les miennes. Personne ne peut me retirer mes chansons. Par exemple, des centaines de personnes travaillent chez avex. Elles travaillent dur pour moi. Je comprends que mes paroles ne m'appartiennent pas, que tout ce qui sort de ma bouche les affecte. Mais mes chansons sont à moi.
Quelle est la chanson dont vous êtes la plus fière?
J'aime toujours toutes les dernières chansons que j'ai faites. Elles sont les plus proches de la personne que je suis à ce moment-là.
Et qui voulez-vous être? J'ai entendu dire que vous avez déclaré que vous n'aviez pas de rêves.
C'est vrai. Je n'ai pas de rêves. Comment dire ça? Je suis moi-même un rêve.
Et votre futur? J'ai entendu dire que vous pensiez à vous lancer dans la mode.
Je ne me fixe pas de buts. Comme, c'est ce que je veux faire dans je ne sais pas combien d'années. Je fais ce que j'aime faire à ce moment-là. Si je me réveille demain et que je décide de danser, c'est ce que je ferais. Ou de créer des vêtements. Je pense que je me jetterais à corps perdu dans la chose que je ferais. Ca n'a rien à voir avec le fait d'abandonner ce que je faisais avant, ou d'abandonner tout court. Ca a à voir avec le fait que si je meurs demain, j'aurais vécu de la manière dont je l'aurais voulu.
Qui écoutez-vous?
Les Smashing Pumpkins. Joan Osborne. J'avais adoré sa chanson dans [le film] Vanilla Sky, donc je m'étais achetée la bande originale mais elle n'était pas dessus. J'ai posé des questions à tout le monde sur cette chanson, et finalement mon ami à Hawaii m'a dit qui c'était. Michelle Branch aussi. Elle est très populaire en ce moment au Japon, et vraiment jeune. Oh, et Kid Rock. S'il y a bien un genre de musique vers lequel je me penche, c'est le sien. Une sorte de mélange de plusieurs choses -de rock, de grunge et de rap.
Il y a une influence rock dans votre dernier album.
Oui.
Vous parlez de votre influence sur les autres. Y a-t-il quelqu'un qui vous influence?
On a écrit dans un quelconque journal que j'étais la Britney Spears japonaise. Je l'aime bien, et c'est divertissant de la regarder, mais je n'ai pas l'impression qu'elle soit sa propre création. Celle que j'admire vraiment c'est Madonna. Ce que j'admire chez elle c'est qu'elle a réussi avec ses propres conditions. Mais quand j'ai dit ça à Singapour, la presse a raconté que je voulais chanter sur scène avec elle. C'est complètement faux. Je ne pense pas que l'on devrait rencontrer les personnes que l'on admire le plus. Je ne veux pas que la réalité interfère avec mon image.
Je vous vois beaucoup de points communs avec Madonna, comme par exemple, le changement constant d'image. Elle a duré aussi longtemps en conservant l'intérêt du public. Pensez-vous pouvoir faire la même chose?
Pas vraiment.
Qu'est-ce qui vous inspire?
Je lis et je regarde des films. Je ne vais plus beaucoup au cinéma, cependant, parce que l'on me reconnaît. C'est pire quelquefois si je porte un costume et que j'essaye de passer inaperçue. Je regarde la plupart de mes films en avion. J'ai vu Fight Club il n'y a pas longtemps, donc j'aime beaucoup Burapi [Brad Pitt].
Referez-vous l'actrice un jour?
Quand je le faisais, je détestais ça. Ce n'était pas amusant. Juste épuisant. Si c'était dans de bonnes circonstances, cependant, le bon projet avec les bonnes personnes qui auraient fait un effort pour me comprendre...
Est-ce votre chien qui ronfle?
Ouaip, c'est lui.
Crea — votre nom d'auteur?
Oui, c'est le nom de mon chihuahua. J'ai 4 chiens -2 chihuahuas, Crea et Melon, un yorkshire nommé Ringo (Pomme), et Marron [le teckel]. Crea est celui qui me ressemble.
Traduction anglais-français : Linoa62
Source : TIMEasia.com
Ayumi lors de son départ à Hawaii
Je suis désolé du retard avec lequel je mets les vidéos, on voit qu'Ayumi protège son bras. Ses vidéos montrent un peu près la même chose, mais je vous les mets toutes. On peut voir aussi deux vidéos (3ème et 4ème) lors de son arrivée à Hawaii.
Bonne double 2ème semaine
Le titre vous perturbe, je vous explique, cela fait 3 semaines que Days/GREEN est sorti, mais à cause des vacances que prend l'Oricon en début d'année, la semaine qui précède les vacances de celui-ci et la semaine pendant qu'il est en vacances sont regroupées lorsqu'il met à jour les ventes hebdomadaires de CDs. Donc pour sa deuxième semaine (les deux semaines combinées, la 2ème et la 3ème), Ayumi est donc 2ème, avec 40 003 exemplaires vendus, ce qui est quand même un bon score. Cela fait donc un total de 167 653 exemplaires vendus depuis le début de la commercialisation de ce single.
Sinon pour information, Days a l'air de bien résister dans les téléchargements légaux, puisque sur recochoku, dans le classement quotidien Days se balade dans le top 10.
Ayumi atteint aussi la première place du Billboard top 100 avec sa chanson Days.
Source: recochoku, RIAJ, Billboard
ARENA TOUR 2009
Alors même qu'aucun album n'est annoncé, une série de concert du type ARENA TOUR sont prévus. C'est en tout pour l'instant 24 dates qui forment cette série de concerts, qui s'étalera du 11 Avril au 21 Juin. Il semblerait que pour l'instant, aucune date en Asie ne soit prévue, mais peut être seront-elles rajoutées dans le courant de l'année comme l'année dernière, où les concerts en dehors du Japon étaient 2-3 mois après le final au Japon. Pour ceux qui partiraient au Japon, et qui n'auraient pas vu sous l'image ci-dessous, le prix du billet sera de 7800 Yens.
Sinon cette tournée pourrait vouloir dire aussi qu'elle va promouvoir un nouvel album, donc peut être aurons-nous droit à la sortie d'un album dans ce début d'année. Toutes les options restent ouvertes à l'heure actuelle.
Source: Ayumiko[AHS], Team Ayu








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